Lauréats 2026 de la Fondation FORCE : sept projets et trois parcours scientifiques
15 Sept. 2026
Sept projets de recherche et d’innovation en santé. Trois scientifiques distingués pour leurs travaux ou leur parcours.
Voilà, en quelques mots, la promotion 2026 de la Fondation FORCE.
Les fiches détaillées et les vidéos sont accessibles sur ce site depuis le mois de juin. Mais nous avons voulu réunir ici ces dix histoires, pour permettre à ceux qui découvrent la Fondation de comprendre où vont les moyens qu’elle engage, et surtout ce que les équipes cherchent à changer.
Aucun de ces projets ne promet une découverte spectaculaire.
Chacun part d’un problème concret, rencontré dans un service hospitalier, un établissement médico-social ou un laboratoire. Une difficulté à laquelle les professionnels se heurtent parfois chaque jour et qui ne se résoudra ni par une intuition seule ni par une technologie providentielle.
Il faudra du travail, des essais, des résultats et, peut-être, des réajustements. C’est précisément à cela que sert la recherche.
Décider plus vite lorsque chaque minute compte
DIGIA : mieux orienter les patients polytraumatisés
Lorsqu’un patient polytraumatisé arrive aux urgences, les équipes doivent comprendre très vite ce qui menace sa vie et dans quel ordre intervenir.
L’imagerie produit une quantité considérable d’informations. Toutes sont potentiellement utiles, mais elles ne présentent pas le même degré d’urgence.
Porté par le Pr Roméo Ricci aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg, le projet DIGIA développe une intelligence artificielle capable de repérer et de hiérarchiser les anomalies critiques.
L’objectif n’est pas de décider à la place du médecin. Il est de lui permettre d’identifier plus rapidement les éléments qui réclament son attention immédiate.
EasyDIC : repérer plus tôt une complication du sepsis
Le projet EasyDIC, porté par la Pr Julie Helms aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg, s’intéresse à une complication grave du sepsis : la coagulation intravasculaire disséminée, ou CIVD.
Son diagnostic repose aujourd’hui sur plusieurs paramètres biologiques et des scores évolutifs. Dans l’urgence, cette complexité peut retarder le repérage d’une situation qui se dégrade.
L’équipe cherche à associer un biomarqueur cellulaire à une intelligence artificielle embarquée afin d’automatiser et d’accélérer cette détection.
Là encore, la technologie n’a pas vocation à se substituer aux équipes. Elle doit les aider à voir plus tôt ce qui n’est pas encore immédiatement visible.
Mieux suivre les patients dans la durée
E-Parcours Pied diabétique : éviter qu’une plaie ne s’aggrave en silence
Une plaie du pied diabétique peut sembler stable, puis se dégrader rapidement. Lorsqu’elle est prise en charge trop tard, elle peut conduire à une infection sévère, à une hospitalisation et, dans les cas les plus graves, à une amputation.
Porté par la Pr Laurence Kessler avec l’AURAL, le projet E-Parcours Pied diabétique organise un suivi connecté entre la ville et l’hôpital.
Téléexpertise, télésurveillance et coordination des professionnels doivent permettre de repérer plus tôt les signes d’aggravation.
L’innovation ne tient donc pas seulement à l’outil. Elle réside aussi dans la capacité à faire circuler la bonne information, au bon moment, entre ceux qui accompagnent le patient.
NextDial : rendre la dialyse à domicile plus efficace
La dialyse péritonéale permet à certains patients atteints d’insuffisance rénale d’être traités à domicile. Cette autonomie est particulièrement précieuse pour les enfants et leurs familles.
Mais la technique présente encore une limite : elle élimine insuffisamment le phosphate. Son accumulation peut entraîner des complications osseuses, métaboliques et cardiovasculaires.
Avec NextDial, la Pr Ariane Zaloszyc et son équipe, aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg, explorent une nouvelle formulation du liquide de dialyse. L’idée consiste à y intégrer des nanoparticules capables de capter le phosphate pendant la séance.
Le projet en est au stade de la preuve de concept. Il reste donc beaucoup à démontrer. Mais la question posée est simple : peut-on améliorer un traitement existant pour permettre à davantage de patients de vivre plus librement avec leur maladie ?
Mieux utiliser les traitements dont nous disposons déjà
SmartBiotic : prescrire un antibiotique sans traiter à l’aveugle
Lorsqu’une infection est suspectée, il faut parfois commencer le traitement avant de connaître précisément la bactérie responsable.
Cette situation est courante dans les établissements médico-sociaux. Le médecin doit agir vite, mais avec des informations encore incomplètes.
Porté par le Dr Mathieu Raad, SmartBiotic développe une aide à la décision fondée sur l’écologie bactérienne locale. L’objectif est de mieux adapter la première prescription d’antibiotiques aux résistances observées dans l’établissement et sur le territoire.
Le projet touche à un équilibre difficile : ne pas retarder le soin, tout en évitant l’usage d’antibiotiques inadaptés ou inutilement larges.
Derrière cet enjeu très concret se trouve une question mondiale : comment préserver l’efficacité des antibiotiques dont nous aurons encore besoin demain ?
OPTI-TOX : anticiper les séquelles de la radiothérapie
Dans les cancers ORL, la radiothérapie intervient à proximité de structures essentielles pour respirer, parler ou avaler.
Le traitement est nécessaire, mais ses effets indésirables peuvent profondément altérer la qualité de vie.
Porté par Neolys Diagnostics, OPTI-TOX cherche à mieux identifier, avant le début du traitement, les patients les plus exposés aux toxicités sévères.
L’équipe travaille à l’optimisation d’un modèle prédictif destiné à éclairer la stratégie thérapeutique. Selon le risque identifié, les médecins pourraient adapter la prise en charge ou envisager, lorsque cela est indiqué, une autre modalité de traitement.
Prévoir ne signifie pas tout empêcher. Mais mieux connaître le risque permet déjà de ne pas le découvrir trop tard.
Protéger ceux qui prennent soin des autres
TraumaPro : reconnaître le psychotraumatisme professionnel
Les professionnels du soin, du secours et du secteur social sont régulièrement confrontés à la violence, à la détresse et à la mort.
Ils accompagnent les traumatismes des autres. Ils peuvent aussi en être atteints.
Mené au Centre hospitalier de Rouffach par Jérémie Rey, TraumaPro s’intéresse au psychotraumatisme professionnel, y compris au traumatisme vicariant : celui qui peut naître de l’exposition répétée à la souffrance d’autrui.
Le projet vise à mieux prévenir ces situations, à les repérer et à structurer l’accompagnement des professionnels concernés.
Prendre soin de ceux qui soignent n’est pas un sujet périphérique. C’est une condition de la qualité et de la continuité du soin.
Trois distinctions pour trois moments d’un parcours scientifique
Les sept projets ont été retenus dans le cadre de l’appel à projets 2026. Trois scientifiques ont également été distingués à l’occasion des 35 ans de la Fondation.
Les Médailles FORCE ne répondent pas exactement à la même logique qu’un financement de projet. Elles reconnaissent un travail, un potentiel ou une trajectoire.
Elles ont été attribuées par le Conseil d’administration, sur proposition du Conseil scientifique indépendant.
François Lecomte-Denis, Médaille Jules Hoffmann
François Lecomte-Denis travaille à l’interface de l’informatique, de l’imagerie et du geste médical.
C’est un espace de recherche particulièrement exigeant. Une donnée ne devient réellement utile que lorsqu’elle peut être comprise et utilisée de manière sûre par le praticien qui doit décider, parfois en pleine intervention.
La Médaille Jules Hoffmann distingue ici un jeune talent et un parcours encore en construction. Elle constitue moins un aboutissement qu’un encouragement à poursuivre.
Claire Villette, Médaille Jules Hoffmann
Ingénieure de recherche à l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien de Strasbourg, Claire Villette travaille sur l’exposome.
Le mot est encore peu connu. Il désigne l’ensemble des expositions auxquelles nous sommes soumis au cours de notre vie : notre environnement, notre alimentation, nos modes de vie ou les substances avec lesquelles nous entrons en contact.
Étudier l’exposome, c’est tenter de comprendre comment ces expositions s’additionnent, interagissent et influencent notre santé.
La Médaille Jules Hoffmann vient reconnaître la qualité de ses travaux et l’importance d’un champ de recherche qui oblige à regarder la santé dans toute sa complexité.
Pr Thomas Baumert, Médaille Robert Lohr
La Médaille Robert Lohr porte le nom de l’industriel alsacien qui a été à l’initiative de la Fondation FORCE en 1991.
Pour sa première attribution, elle distingue le Pr Thomas Baumert, professeur de médecine, chef du service d’hépato-gastroentérologie aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg et directeur de l’Institut de recherche sur les maladies virales et hépatiques.
Son parcours est consacré à la compréhension des hépatites, de la fibrose et des cancers du foie, avec une même ambition : transformer progressivement les connaissances scientifiques en pistes diagnostiques et thérapeutiques.
Une carrière scientifique ne se résume pas en quelques lignes. Cette médaille vient simplement en reconnaître la cohérence, l’exigence et la contribution au rayonnement de la recherche menée à Strasbourg.
Ce que ces choix disent de la Fondation
Il n’existe pas de thématique médicale unique dans cette promotion, et c’est volontaire.
La Fondation FORCE ne se consacre pas à une seule pathologie. Elle soutient des projets de recherche, des innovations technologiques ou organisationnelles et des démarches susceptibles de faire progresser la santé en Alsace.
Une intelligence artificielle aux urgences côtoie ainsi un nouveau liquide de dialyse, un parcours de télésurveillance, une aide à la prescription d’antibiotiques ou un dispositif consacré à la santé psychique des soignants.
Cette diversité n’empêche pas quelques constantes.
Une question précise, d’abord, que l’on doit pouvoir expliquer simplement.
Une équipe qui connaît le problème et possède les compétences nécessaires pour l’étudier.
Enfin, un bénéfice attendu pour les patients ou les professionnels de santé, même si celui-ci reste encore lointain ou incertain.
Notre Conseil scientifique indépendant évalue la qualité et la faisabilité des projets. Nos instances décident ensuite de l’engagement des moyens. Et les équipes font le reste : expérimenter, mesurer, comprendre et rendre compte.
La recherche décidera de ce qui fonctionne.
Certains projets confirmeront leur hypothèse. D’autres devront la revoir. Il arrivera aussi qu’une piste ne produise pas les résultats espérés. Cette réponse compte également, dès lors qu’elle repose sur une démarche rigoureuse.
Le rôle de la Fondation n’est pas de promettre le succès. Il est de permettre à des équipes sérieuses d’aller chercher des réponses.
Questions fréquentes
Comment la Fondation FORCE choisit-elle les projets qu’elle soutient ?
Les candidatures reçues dans le cadre de l’appel à projets sont évaluées par un Conseil scientifique indépendant, présidé par le Pr Jules Hoffmann, prix Nobel de physiologie ou médecine 2011.
Cette évaluation porte notamment sur la qualité scientifique, la faisabilité et l’impact potentiel des projets. Les instances de la Fondation décident ensuite de l’engagement des moyens, sur la base de cet avis et dans la limite des ressources disponibles.
Les rôles sont volontairement distincts : le Conseil scientifique évalue les projets ; les instances de gouvernance attribuent les financements.
Peut-on encore candidater à l’appel à projets 2026 ?
Non. L’édition 2026 est close depuis le mois de mars.
Le calendrier de la prochaine édition sera publié sur ce site et relayé sur la page LinkedIn de la Fondation FORCE dès qu’il aura été arrêté.
Où trouver le détail des projets et des distinctions ?
Chaque projet lauréat et chaque scientifique distingué dispose d’une fiche sur la page consacrée aux projets soutenus. Des vidéos permettent également de découvrir les équipes et de les entendre présenter elles-mêmes leur travail.
Une entreprise peut-elle soutenir l’un de ces projets ?
Oui. Le mécénat de recherche est ouvert aux entreprises de toutes tailles.
Lorsqu’une entreprise souhaite accompagner un projet en particulier, cette affectation doit être définie avec la Fondation dès le début du partenariat. La page « Nous soutenir » présente les différentes manières de s’engager.
Soutenir l’un de ces projets, ce n’est pas acheter la certitude d’un résultat. C’est donner à une équipe les moyens de chercher sérieusement, et de partager ce qu’elle aura appris.