Après le financement : comment la Fondation FORCE suit-elle les projets de recherche ?
25 Sept. 2026
Un financement de recherche n’est pas un chèque que l’on remet avant de passer au projet suivant.
Entre la décision de soutenir une équipe et la clôture de son projet, il y a une convention, des versements, des points d’étape et un bilan. Il y a surtout une relation qui peut durer plusieurs années.
C’est une question que les donateurs nous posent régulièrement : que se passe-t-il une fois le projet choisi et les moyens engagés ? Elle mérite une réponse précise.
Cet article s’adresse aussi aux équipes qui vont signer leur première convention avec la Fondation FORCE. Obtenir un financement ne marque pas la fin d’un parcours, mais le début d’un engagement.
La convention : se mettre d’accord avant le premier versement
Entre la décision de financer un projet et le premier versement, il y a un document. La convention n’est ni symbolique ni accessoire : elle traduit la décision en engagements concrets.
Elle précise l’objet du soutien, son montant, les dépenses éligibles, sa durée, les modalités de versement et les éléments attendus pour rendre compte de son utilisation. Elle prévoit aussi la conduite à tenir si le projet évolue, prend du retard ou doit être interrompu.
Trois points méritent une attention particulière.
Le premier est le périmètre du financement. Personnel, consommables, équipement, analyses, prestations ou frais de publication : les dépenses éligibles dépendent du projet et de la convention.
Le deuxième concerne les versements. Pour les projets soutenus par FORCE, la convention prévoit généralement un premier versement de 60 % à 70 % à la signature. Le solde intervient douze à dix-huit mois plus tard, après la remise d’un bilan formel, des justificatifs prévus et un examen scientifique de l’avancement. Ces modalités peuvent être adaptées au projet : c’est toujours la convention signée qui fait foi.
Le troisième porte sur les changements. Calendrier décalé, méthode ajustée, recrutement plus lent : la convention indique ce qui peut être adapté et ce qui exige un accord, voire un avenant.
Elle permet à l’équipe de savoir sur quoi elle peut compter et à la Fondation de répondre des moyens qui lui ont été confiés.
Les jalons : rendre les difficultés visibles assez tôt
Un jalon découpe un projet long en étapes observables. Il ne traduit pas une défiance : il permet d’identifier un écart et de décider à temps de la suite.
Pour la Fondation, les jalons évitent de découvrir trop tard une difficulté ancienne. Ils éclairent les décisions relatives aux versements ou à une modification du projet.
Pour l’équipe, ils créent un moment de recul. Écrire où l’on en est aide à distinguer un retard rattrapable d’un obstacle qui demande une décision.
Un jalon utile décrit un résultat observable, sans préjuger du résultat scientifique. « Le protocole a été finalisé et déposé » ou « les premiers patients ont été inclus » sont des jalons. « L’équipe a travaillé sur le protocole » décrit une activité, mais ne permet pas encore de savoir où en est le projet.
Le suivi doit rester proportionné : une étude clinique, un équipement mutualisé et un travail exploratoire n’ont ni les mêmes risques ni le même calendrier.
Les points d’étape : ce que nous cherchons réellement à comprendre
Un point d’étape doit d’abord permettre une conversation claire. Nous cherchons moins à entendre que tout va bien qu’à comprendre ce qui se passe réellement.
Où en êtes-vous par rapport à ce qui était prévu ? Qu’est-ce qui a changé ? Départ dans l’équipe, autorisation retardée, inclusions plus lentes, hypothèse non confirmée : ce sont les informations nécessaires pour comprendre la trajectoire du projet.
De quoi avez-vous besoin ? La réponse n’est pas toujours financière. Une mise en relation, une expertise ou une adaptation du calendrier peuvent débloquer une situation.
Le suivi ne se limite pas aux aspects administratifs et financiers. L’avancement peut aussi être examiné par le Conseil scientifique, notamment à partir du bilan et, lorsque cela est prévu, d’une visite de l’équipe. La Fondation veille à l’engagement pris sans se substituer aux chercheurs ni aux autorités compétentes.
Quand un projet prend du retard
Le retard est fréquent : autorisation plus longue, recrutement ralenti, départ dans l’équipe, équipement en panne ou prestataire indisponible.
Ces imprévus ne remettent pas automatiquement en cause la qualité du projet ou de l’équipe. La règle utile tient en une phrase : prévenir tôt permet presque toujours de disposer de davantage de solutions.
Quand le résultat attendu n’est pas au rendez-vous
Une partie des projets de recherche ne confirme pas l’hypothèse initiale. Ce n’est pas, en soi, un dysfonctionnement. Si l’issue était certaine, il ne s’agirait plus tout à fait de recherche.
Un résultat négatif obtenu avec une méthode solide reste un résultat. Il peut conduire à abandonner une piste ou à reformuler une hypothèse. Pour être utile au-delà de l’équipe, il doit être documenté et, lorsque c’est possible, partagé.
Le véritable problème n’est donc pas qu’un projet ne produise pas le résultat espéré. C’est qu’il s’interrompe sans bilan, sans explication et sans trace de ce qui a été tenté ou appris.
Financer la recherche suppose une part d’incertitude. Le suivi ne la supprime pas : il permet de décider en connaissance de cause et de préserver les enseignements produits.
Le rapport final : clôturer et transmettre
Le rapport final peut ressembler à un exercice administratif. Il remplit pourtant plusieurs fonctions essentielles.
Il rapproche ce qui était prévu de ce qui a été réalisé et présente les résultats, les écarts, les difficultés et les suites envisagées.
Il permet ensuite de rendre compte de l’emploi des fonds. Une fondation reconnue d’utilité publique transmet chaque année ses comptes, le rapport du commissaire aux comptes et un rapport d’activité. Celui-ci décrit notamment les actions d’intérêt général financées, leurs montants et les bénéficiaires concernés. Le suivi de chaque projet nourrit donc une obligation plus large de transparence et de contrôle.
Enfin, il conserve la mémoire du projet, aide l’équipe à préparer la suite et permet à la Fondation d’améliorer son accompagnement.
Un bon rapport répond simplement à quatre questions : qu’avions-nous prévu ? Qu’avons-nous réalisé ? Qu’est-ce qui a changé, et pourquoi ? Que faut-il faire ensuite ?
L’honnêteté du bilan compte davantage qu’un récit dans lequel tout se serait déroulé exactement comme prévu. La recherche avance rarement en ligne droite.
Et du côté du donateur ?
Un donateur n’a pas vocation à suivre chaque dépense ou décision scientifique. Il doit pouvoir comprendre comment la Fondation sélectionne, contractualise et suit les projets.
Lorsqu’un don a fait l’objet d’une affectation particulière acceptée par la Fondation, celle-ci doit être respectée. Pour un don non affecté, les moyens rejoignent les ressources consacrées aux missions de la Fondation et sont attribués selon ses règles de gouvernance et de sélection.
Dans les deux cas, son attente est légitime : savoir que l’utilisation des fonds a été vérifiée et que les résultats, positifs ou non, ont été documentés.
C’est le rôle de cette chaîne. Elle n’élimine pas le risque scientifique, mais évite qu’un financement soit accordé sans cadre, versé sans suivi et clos sans réponse.
Un financement de recherche n’est donc pas un simple versement. C’est un engagement entre une équipe, une fondation et, derrière elle, des donateurs qui ont choisi de lui faire confiance.
Questions fréquentes
Que se passe-t-il si un projet financé s’arrête en cours de route ?
La convention en fixe les conséquences. Les versements restant à effectuer peuvent être suspendus. Selon les clauses applicables, les sommes non engagées peuvent devoir être restituées ou faire l’objet d’une nouvelle affectation convenue. L’équipe doit informer la Fondation dès qu’un arrêt devient probable.
Un donateur peut-il savoir ce qu’est devenu le projet qu’il a soutenu ?
Oui, dans le respect de la confidentialité et de la protection des données. Le retour peut prendre la forme d’un bilan, d’une actualité, du rapport d’activité ou d’une rencontre. Une affectation particulière et ses modalités d’information doivent être convenues au moment du don.
Un résultat négatif est-il un échec du financement ?
Non, s’il repose sur un travail rigoureux et documenté. Une hypothèse non confirmée peut faire avancer la connaissance ou conduire à poser une meilleure question. Son utilité collective suppose néanmoins que le résultat puisse être conservé et diffusé dans un cadre adapté.
La Fondation intervient-elle dans les choix scientifiques ?
Le Conseil scientifique indépendant évalue les projets et leur avancement. Les instances de la Fondation décident de l’engagement des moyens et examinent toute modification importante de l’objet, du calendrier ou du budget convenus. Elles ne décident pas à la place des chercheurs des résultats auxquels ils doivent parvenir et respectent le rôle des autorités compétentes.