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Recherche en santé : ce qu’un financeur peut apporter au-delà du financement

06 Oct. 2026

Une intervenante écoute une question lors d'un échange sur la scène des Trophées FORCE 2026.

Un protocole qui reste à finaliser. Une compétence qui manque dans l’équipe. Des inclusions de patients plus lentes que prévu. Un projet de recherche peut disposer d’un financement et se trouver malgré tout à l’arrêt.

Dans ces moments, un échange avec le financeur peut aider à comprendre la difficulté, trouver un interlocuteur ou examiner une adaptation du calendrier. Encore faut-il lui en parler. Les équipes hésitent parfois : avant la sélection, elles craignent de fragiliser leur candidature ; après, elles redoutent de donner l’impression de ne pas maîtriser leur projet.

À la Fondation FORCE, nous souhaitons que ces difficultés puissent être discutées. Le financement engage une relation qui se poursuit au fil des travaux, avec les responsabilités propres à chacun.

Avant de candidater, comprendre ce que le financement permet

La première vérification concerne l’éligibilité. Le projet correspond-il à la thématique de l’appel, au territoire concerné, au profil des porteurs et au niveau de maturité attendu ? Lorsque les échanges préalables sont prévus, une question précise peut éviter de consacrer plusieurs semaines à un dossier qui ne relève pas du dispositif.

Les critères méritent aussi d’être compris. Un financement destiné à produire de premiers résultats n’a pas les mêmes attentes qu’un soutien au déploiement d’une solution déjà évaluée. L’équipe doit pouvoir expliquer quelle étape elle souhaite franchir, avec quels moyens et dans quel délai.

Clarifier ces points reste distinct de l’évaluation scientifique. Les informations données doivent être accessibles à tous les candidats dans les mêmes conditions. Elles permettent de préparer une candidature, sans préjuger de la décision.

Le calendrier compte également. Entre le dépôt, l’évaluation, la décision et le premier versement, plusieurs mois peuvent s’écouler. Connaître les échéances prévisionnelles permet d’organiser les recrutements, les commandes et les expérimentations.

Rendre le projet compréhensible

Une équipe connaît si bien son sujet qu’elle peut oublier ce qu’un lecteur extérieur a besoin de comprendre. Un résumé très précis sur la technologie laisse parfois dans l’ombre le problème auquel elle répond ou son intérêt pour les patients.

Faire lire ce résumé à un chercheur d’une autre discipline, à un professionnel de santé ou à une structure d’accompagnement aide à repérer ces difficultés. Le lecteur doit pouvoir dire ce qu’il a compris de la question posée, des travaux proposés et de leur utilité attendue.

Cette relecture gagne à être confiée à un interlocuteur indépendant de la sélection. Le financeur peut expliquer ses critères ; une aide individuelle à la rédaction d’un dossier qu’il doit ensuite évaluer pourrait compromettre l’équité entre les candidats.

Après un refus, identifier ce qui peut évoluer

Un refus appelle parfois une révision du projet. Il peut aussi tenir au périmètre de l’appel ou aux moyens disponibles. Lorsque les modalités du dispositif le permettent, un retour sur l’évaluation aide à comprendre la décision et à concentrer le travail sur les points qui le nécessitent.

Une question scientifique à préciser, des résultats préliminaires à consolider, une compétence à intégrer : ces observations peuvent être utiles pour la suite. Une nouvelle candidature mérite d’être envisagée si le règlement l’autorise et si le projet a évolué. Elle sera examinée dans le cadre d’une nouvelle sélection.

Une orientation vers un autre organisme peut également être pertinente. Fondations, structures de valorisation, incubateurs et financeurs publics interviennent à des étapes différentes. Identifier un interlocuteur mieux adapté permet de poursuivre les démarches avec davantage de discernement.

Pendant les travaux, signaler les difficultés assez tôt

Une autorisation tarde, un équipement devient indisponible, le recrutement des patients ralentit. Ces événements peuvent modifier le déroulement d’une étude. Les signaler tôt laisse le temps d’en examiner les conséquences.

L’échange doit partir des faits : ce qui était prévu, ce qui se passe, les causes identifiées et les mesures déjà tentées. Selon la convention de financement, une prolongation ou une modification de certaines dépenses pourra être examinée et devra recevoir les validations nécessaires.

Le besoin peut aussi concerner une expertise. Un retard d’inclusion, par exemple, peut tenir à l’organisation des centres, à la faisabilité de l’étude ou à des critères de sélection trop restrictifs. Préciser le problème permet de chercher la compétence appropriée.

Par les projets qu’elle suit et les liens qu’elle entretient sur son territoire, une fondation peut faciliter une rencontre avec une équipe, un expert ou un partenaire. Ces échanges se construisent avec l’accord des personnes concernées et dans le respect de la confidentialité des travaux.

FORCE et ForceXpert : des interventions complémentaires

La Fondation FORCE soutient la recherche et l’innovation en santé, prioritairement en Alsace. Avec ForceXpert, elle exerce également un métier d’accompagnement des études cliniques dans un cadre non lucratif.

Selon les besoins de l’étude, cet accompagnement peut porter sur le protocole, les démarches réglementaires, le suivi des centres, la gestion des données, la biostatistique ou la pharmacovigilance. Il concerne les médicaments, les dispositifs médicaux et le diagnostic in vitro.

Le soutien financier de la Fondation et les prestations de ForceXpert font l’objet de modalités distinctes. Être lauréat d’un appel à projets ne donne pas automatiquement accès à une prestation ForceXpert. Une équipe peut également solliciter ForceXpert sans avoir reçu de financement de FORCE. Le périmètre de l’intervention est défini à partir du besoin de l’équipe.

Faire connaître les travaux au bon moment

Présenter un projet dans une publication, lors d’une rencontre ou auprès d’un réseau peut permettre de trouver un partenaire et de préparer une prochaine étape.

Cette communication doit rester fidèle aux résultats disponibles. Le calendrier des publications, la confidentialité et la propriété intellectuelle déterminent ce qui peut être partagé. Un travail en cours mérite d’être expliqué avec ses avancées et les questions qui restent ouvertes.

Une demande précise facilite la réponse

Pour engager l’échange, quelques informations suffisent : la situation rencontrée, les démarches déjà entreprises, l’aide recherchée et le délai dans lequel une réponse serait utile.

« Les inclusions sont inférieures à nos prévisions depuis trois mois. Nous avons échangé avec les centres et identifié deux causes. Quelles démarches devons-nous engager pour demander une adaptation du calendrier prévu dans la convention ? »

Une telle demande permet de traiter un problème concret ou d’orienter l’équipe vers la personne compétente.

Accompagner un projet demande de pouvoir parler de ce qui avance comme de ce qui résiste.

Pour FORCE, cette qualité de dialogue compte dans l’usage des moyens confiés par les donateurs et dans le soutien apporté aux équipes. Elle permet de prendre les décisions nécessaires pendant qu’il est encore temps d’agir.